Les Royaumes de l'Emeraude
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 A la naissance de l'aube [Pv Valériane]

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MessageSujet: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Mer 1 Mai - 0:42

Sceptan Gog
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Noir. Noir.
Un corps déchiré, démembré, à mes pieds. Mes deux mains sont couvertes de sang, je suis rouge.

« Tu vois, mon petit Gog, tu vois, je te l’avais dit. »

Vek est à côté de moi, je ne comprend pas. Qui est ce cadavre ?

« Tu as tué, Gog, tu as tué, tu es voué à répandre la mort, autour de toi. »

Le visage de Valériane, l’aubergiste, se matérialise sur le crâne du mort. Non. Ça n’est pas possible. Je veux crier, je veux dire que c’est impossible. Je n’ai jamais voulu ça, je n’ai pas pu faire ça. Mais ma gorge reste bloquée. Je n’arrive pas à parler, j’ouvre pourtant les lèvres, un unique souffle saccadé sort de ma gorge.

« Personne ne te comprend, Gog. Pourquoi fais-tu ça ? Tu n’as aucune raison. »

Je me retourne. Des dizaines de têtes me fixent, l’air perdus, comme si je les avais déçus. J’essaye de m’expliquer, je tente de parler, de me justifier. Encore une fois, pas de son. Mon visage se tourne à ce moment là vers Vek.

« Même moi, ton meilleur ami, tu m’as jeté. »

Je secoue la tête, les larmes me montent aux yeux. Qu’est-ce qu’il veut dire ? Attend, Vek, mais. Vek est mort ! Oui. Vek, je l’ai tué !

« Tu m’as tué, Gog. Pourquoi m’as-tu tué ? Ta pierre est froide, Gog, j’ai froid. »

Son visage se décompose devant moi, ses dents tombent, alors qu’il parle. Ses propos n’ont plus de sens.

« Le magasin, ruine, Gog, ruine humaine, par delà les gouffres qui grondent. »

Je suffoque, l’air m’échappe. Il ne rentre plus par mes lèvres, elles demeurent fermées.
Je me noie, car je suis tombé dans de l’eau glaciale. Elle me recouvre, elle m’englobe.
Mes pieds nus touchent le fond de l’abysse, je vais mourir. Des bulles s’élèvent autour de moi, mais le reste est noir. Je suis plongé dans de l’encre opaque, mes bras s’agitent au plus vite pour remonter, mon corps est si lourd, je n’y arrive pas. C’est vain, je vais mourir ! Aidez-moi ! Pitié ! Je sens le liquide m’emplir le nez, la bouche, le corps, je me sens partir ! Je ne veux pas ! A l’aide !
Noir. Noir.

Mes yeux s’ouvrent subitement, mon souffle est rapide. Autour de moi, la chambre est noire, une lumière blanche, lunaire, éclaire faiblement ma couche. Je suis mouillé de sueur, je n’aime pas cette sensation. Une paume passe sur mon visage, je reprends mes esprits.
Un cauchemar, j’ai du faire un cauchemar. Je crois que je rêvais de noyade. C’est flou. Ma respiration se calme, devient lente, profonde.
Un goût absolument insupportable me racle le palais, et une migraine m’enfonce sa lame dans les tempes. Une petite gueule de bois.
Mes pupilles semblent exténuées, mais pourtant, je ne suis pas tenté par le fait de retourner me coucher. Je suis un homme libre après tout, un fugitif criant sa liberté au monde. Autant en profiter. Rien ne m’empêche de me lever, puisque j’en ai envie. Vive la liberté.
Mes pieds touchent le parquet. Je me hisse.

En poussant ma porte, après avoir eu du mal à en trouver la poignée, je sens une vague de fraîcheur venir du couloir. Cet air me fait du bien. Ma chambre était imprégnée d’une température étouffante. Quelques pas, sans réellement chercher à être discret, je me trouve dans la grande pièce de l’auberge. Une lune pleine m’accueille à travers les rideaux. Je lui souris, d’un air, sans doute, assez terrifiant. Mes jambes me dirigent vers le siège le plus proche. Je m’y assois, tout en observant la salle vide, satisfait. Qu’est-ce que c’était que ce cauchemar ? Aucun souvenir. Bizarre.
Je ne sais pas si ça signifie quelque chose, je crois que c’est surtout une question de chance et de personnalité, mais j’ai l’impression de faire bien plus de mauvais rêves que la moyenne. Les autres lorsque j’en parle avec eux, me disent en faire un par semaine, ou par mois. Moi c’est plutôt les nuits sans cauchemars, que j’ai l’impression de faire une fois par semaine, ou par mois. Après c’est sans doute juste une sensation, je ne peux pas le certifier.

J’avais le souvenir d’une noyade. Il me semble que c’était moi, le noyé. Une émotion étrange me gagne lorsque je revois des images du songe de nuit. C’est comme s’il disposait de son ambiance propre, de sa logique particulière, dans laquelle je retourne en y pensant. Ambiance et logique que jamais, jamais, je n’aurais pu imaginer en étant éveillé. Quelque chose s’était passé, avant que je ne me noie, mais aucun moyen de remettre la main dessus. Or je suis curieux, c’est un de mes défauts. C’est mon énigme de la nuit, posée par moi-même, pour moi-même. De quoi ai-je donc pu rêver ?

Des pas viennent, ça attire mon attention. Mes sens en alerte, j’essaye de voir d’où ça vient. Je finis par la voir.

C’est Valériane, l’aubergiste, elle marche vers la salle, portant une bougie qui étend un halo lumineux autour d’elle. Une lumière jaune.
En la voyant, je me souviens qu’elle était morte, dans mon rêve, que je l’avais tuée. Mes yeux sont restés sur elle. Je ne sais pas si elle m'a vu, quoi qu’il en soit, je ne peux pas m’empêcher de parler, comme je le fais bien souvent.

« Ça ne dort pas les aubergistes ? »

Un sourire amusé monte sur mes lèvres, alors que je tapote la table devant moi avec les doigts.
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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Mer 1 Mai - 15:04

Valériane Hadenfaul
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Une ombre. Filante, glissante, elle se faufilait, dans le dos maigre de sa victime. Une petite ombre, une petite gêne. Quelque chose, infime, immatériel, qui dérange. Une pensée sans mots, un cri sans bruit, des pleurs sans larmes. Une toute petite chose. Dans le noir, elle éclatait. S'infiltrait dans chaque petits recoins, chaque petites parcelles de peau. Dans le creux des épaules, la nuque, descendant entre les seins, sur les hanches. Griffant les cuisses, et mourant dans les pieds. Rien n'était épargné. Le noir dévorait la pièce, tandis que l'ombre dévorait le corps.
Valériane ne se sentait pas vraiment bien. Elle était recroquevillée sur le sol froid de sa chambre, les yeux fermés, immobile. Cependant, elle tremblait. Quelque chose la dérangeait. Elle n'arrivait pas à mettre la main dessus. Sa tristesse constante tentait de fuir de ses yeux, en larmes salées. Mais la jeune femme ne voulait pas pleurer. Pourtant tout l'y aurait poussé. En elle, c'était le désarroi le plus total. L'effroyable vent de la solitude. La brise sifflante, gelée, qui ébranlait jusqu'aux fondations même d'un monde entier. Le petit monde faible qu'était Valériane ne tiendrait pas longtemps.

Depuis plusieurs jours, ça n'allait plus. Elle avait l'impression qu'il faisait froid, bien que la température ne soit pas si différente des semaines précédentes. Ses mains tremblaient, l'empêchant de dessiner. Même sa mâchoire lui faisait défaut, dès qu'elle mâchait quelque chose, une douleur brûlante se répandait dans sa bouche. De ce fait, cela faisait quelques temps qu'elle ne se nourrissait que... d'eau. Les nuits étaient longues, sans sommeil. Mais des centaines de rêves. Tant de choses qu'elle voulait dessiner, peindre. Elle avait toujours envie de créer, mais ses mains tremblaient...

Elle entendit des pas. Quelqu'un était descendu des chambres de l'étage et se trouvait dans le grand salon. Valériane se redressa, méfiante. De la sueur perlait sur son front, elle la balaya d'un revers de main. Prenant soin de ne faire que peu de bruit, elle se releva, les jambes tremblantes, et n'enfila qu'une simple laine grise par dessus sa robe de nuit blanche. Cherchant dans ses affaires, elle trouva une bougie qu'elle planta sur un pic et l'alluma.
Les bruits de pas s'étaient arrêtés. La personne s'était sûrement assise. Inévitablement, elle repensa au petit grincement de la chaise près de la fenêtre, lorsque Père s'y asseyait. Valériane était prête à tout donner pour qu'on le lui rende. S'il fallait donner son art, elle le ferait. De toutes façons, son père la ferait vivre grâce au sien. Il lui manquait tellement. Ces jours derniers, la Plaie était ouverte.

Béante.

Pieds nus, elle se décida finalement à pénétrer dans le salon. Le feu dans l'âtre s'était éteint, il n'y avait que la lune pour éclairer faiblement la pièce. Elle vit alors un homme assis à une table. Mais bien vite, elle le reconnut. Il était toujours vêtu de la même façon, et ses cheveux noirs et longs glissaient toujours dans son dos et sur ses épaules. Il s'aperçut de sa présence et se tourna légèrement vers elle.

« Ça ne dort pas les aubergistes ? »

L'espace de quelques instants, elle vit ses yeux jaunes, qui luisaient dans l'obscurité. Ce n'était pas vraiment de l'ambre, c'était simplement du jaune. Valériane se mordit la lèvre, la petite ombre dans son dos resserrait son emprise. Elle avait peur de cet éclairage blanc, ainsi, elle se dirigea rapidement vers la cheminée, et fit ressortir les braises avec un tisonnier, aidant le feu à se relancer grâce à sa bougie. Au bout de quelques minutes, un grand feu se mit à crépiter, éclairant entièrement la pièce de lumière jaune, chaude et rassurante. Un long soupir s'échappa de ses lèvres. Elle repensa à ce que.. Le nom lui échappa, quelques secondes. Elle repensa à ce que.. Sceptan lui avait demandé, de manière désinvolte.

« Pas toujours.. »

La jeune femme le vit toujours assis dans la même position, ses doigts tapotant la table, dans un bruit régulier, répétitif et presque agaçant. Ses yeux se fermèrent une fraction de seconde, et dans des gestes vifs, comme si elle avait fait ça toute sa vie, elle prit un chaudron, et le remplit d'eau, avant de l'accrocher à la barre en fer au dessus du feu. Elle allait faire de l'eau chaude aux plantes. Si Sceptan était levé à cette heure-ci, avec des cernes pareilles sous les yeux, il avait sûrement dû faire un mauvais rêve. Ces choses n'avaient pas vraiment de secrets pour l'aubergiste. Elle avait l'habitude lire les cauchemars dans les yeux des gens. Sans connaître leur contenu, bien sûr.. Mais elle connaissait ce regard, simplement.

Tandis que l'eau chauffait, elle sortit de son comptoir, une petite boîte métallique où elle rangeait des petits sacs de plantes. Elle sortit des feuilles de citrons, ainsi qu'un tout petit peu de sucre. Lorsque l'eau se mit à faire des bulles, elle versa ses feuilles et son sucre à l'intérieur.
Sans s'en rendre compte, elle n'arrêtait pas de faire des allers retours dans la pièce, les sourcils froncés de concentration. Inconsciemment, elle tentait de se débarrasser de cette ombre qui mordait son dos et ses os, furieusement. Malgré le tremblement de ses mains, elle parvenait à refaire les gestes du quotidien, même s'il faisait noir dehors.

L'ombre ne partait pas, mais le fait d'être occupée, bloquait ses pensées. Elle versa quelques louches de la boisson dans deux petites écuelles et retourna vers Sceptan, s'asseyant en face de lui, et poussant une écuelle vers lui. La boisson fumait, et une douce odeur de citron montait aux narines de Valériane. Elle aimait beaucoup le citron. Son acidité, sa fraicheur. Elle n'avait jamais su si le citron était un légume ou un fruit, mais elle préférait appeler ça un fruit.

« Buvez. C'est fait pour défaire les nœuds dans les muscles, et libérer un peu l'esprit. »

Les mains osseuses de Valériane étaient posées sur son écuelle, continuant de trembler. Il faisait tiède dans la pièce, grâce au feu, grâce aux bols chauds, mais son corps trembler encore. Et maintenant qu'elle était assise, immobile, elle repensa à la petite ombre, qui creusait sa peau, mordant les os de son dos. Elle avait envie de gratter, pourtant elle savait que rien ne démangeait. Tout était dans sa tête. Serrant les dents, elle attendit désespérément qu'il parle, pour occuper le silence.

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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Mer 1 Mai - 20:23

Sceptan Gog
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Je ne sais plus pourquoi je l’ai tuée, dans mon rêve. Ça m’intrigue. J’essaye de le deviner tout en la fixant. En même temps les rêves ne sont pas toujours très logiques, voire, jamais. Quoi que, ça n’est pas qu’ils sont illogiques, mais plutôt qu’ils suivent leur propre logique. Certes. Mais bon, Valériane n’a rien fait qui aurait pu m’énerver. Elle n’est pas quelqu’un de suffisamment important dans ma vie pour ça.
Elle allume la cheminée.
Sa tenue est bien légère, la rendant plutôt attirante. Vu sous cet angle, je pense qu’il aurait été plus sensé que je rêve d’elle comme d’une amante, au lieu d’un cadavre. Je ne comprend pas mon imaginaire, il est trop compliqué.

« Pas toujours.. »

D’accord. Ma blague ne l’a pas faite rire du tout. Je pense que mon humour n’est pas compréhensible pour tout le monde. Mes doigts continuent de tapoter machinalement sur la table. En fait, c’est sans doute ça qui m’a énervé chez elle dans le rêve. Non pas le fait qu’elle ne rie pas à mes boutades, mais le fait qu’elle soit le genre à mettre des bémols partout, à chaque note, pour essayer d’adoucir le monde. Du moins j’ai cette impression. Là son ‘Pas toujours’, m’évoque à la fois une évidence, mais en même temps un adoucissement de cette évidence. Elle aurait pu dire : ‘Putain je t’en parles pas, y’a des jours ou je me le demande’, ou encore : ‘Jamais’, pour prolonger la blague, mais non. Elle choisit ‘Pas toujours’, parce qu’elle est comme ça.
Et moi, ça m’énerve, ces personnes qui, au lieu de relancer un débat, donnent un avis complètement entre-deux, pour qu’il s’arrête définitivement. Bon d’accord, cet exemple n’est pas le bon, parce qu’ici je pose une question rhétorique, qui était censé être un minimum amusante, et je fais un bide monumental, ce qui me rend forcément frustré, et je tente de justifier ma frustration par un raisonnement censé qui retournerait la faute sur le dos de Valériane, mais, il y a des gens qui font vraiment ça parfois, dans d’autres circonstances, et ça m’énerve ! Et il me semble que Valériane fait partie de ce genre de personnes.
Enfin bon, même si c'était pour ça qu'elle m'avait mis en colère dans le rêve, on ne massacre pas quelqu'un pour ça. Ça serait stupide.
D'un autre côté, j'ai bien tué un homme parce qu'il me parlait d'un magasin, je suis capable de tout.

Je la vois s’agiter. Elle fait chauffer de l’eau, et met des ingrédients à l’intérieur. Une odeur douce ne tarde pas à flotter dans la salle. Moi, je me permets de regarder tout ça, sans mot dire. Le calme est reposant, et ma fatigue me rend amorphe.

Elle s’assoit face à moi, et me donne une partie du breuvage qu’elle vient de préparer.
Je l’accepte sans broncher, il semble plutôt bon.

« Buvez. C’est fait pour défaire les nœuds dans les muscles, et libérer un peu l’esprit. »

Je bois. Très bon. On dirait une recette maison, un peu sucrée, je ne connaissais pas ce breuvage. Ça a eu le mérite de me surprendre avec volupté. Ma gorge déglutit, ma bouche sourit d’un air stupide. J’ai eu envie de faire ma tête débile.

« Vous savez, il y a un autre moyen très radical pour avoir le même résultat, ça s’appelle le sommeil. Je vous le conseille, c’est un ami qui m’en a parlé un jour, depuis j’ai essayé, c’est très intéressant. »

Je prend une gorgée, puis continue, sans lui laisser le temps de prendre la parole :

« Non, je dis ça parce que vous semblez exténuée. C’est pas bien. Faut dormir dans la vie. »

J’ai envie de prouver ma théorie, par rapport au fait qu’elle ne donne jamais d’autres point de vue que des avis entre-deux. Mais je ne trouve pas de sujet sur lequel la piéger, sur lequel personne de sensé ne mettrait de bémol. Il faut chercher loin je pense. La mort, les guerres.. ? Ou, au contraire, chercher très proche. Les habits fins, les tables.. ? Je ne sais pas. Par automatisme, tout en regardant le liquide, et en le désignant du doigt, je continue de parler.

« C’est excellent. Bien meilleur que votre vin en tout cas, je vous en commanderais plus souvent, si vous arrivez à en faire de l’alcool. »

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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Mer 1 Mai - 21:06

Valériane Hadenfaul
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« Vous savez, il y a un autre moyen très radical pour avoir le même résultat, ça s’appelle le sommeil. Je vous le conseille, c’est un ami qui m’en a parlé un jour, depuis j’ai essayé, c’est très intéressant. »

Valériane imita Sceptan, buvant quelques gorgées de son breuvage, tout en l'écoutant.

« Non, je dis ça parce que vous semblez exténuée. C’est pas bien. Faut dormir dans la vie. »

Sans pouvoir le contenir, la jeune femme esquissa un sourire à ces mots. Elle ne les trouvait pas vraiment drôles. Ce qui la faisait rire c'était le ton qu'il employait, la façon dont il débitait ces paroles à moitié moqueuses.
Elle garda le nez dans l'écuelle quelques instants, comme pour laisser la chaleur de l'eau envahir son corps, passant par la fine ouverture de ses lèvres, et ses narines. Sceptan pointa son propre bol, et conclut, toujours sur le même ton.

« C’est excellent. Bien meilleur que votre vin en tout cas, je vous en commanderait plus souvent, si vous arrivez à en faire de l’alcool. »

Quel idiot. Valériane ferma les yeux pour laisser passer son agacement soudain. Elle savait à quoi s'attendre des hommes qui fréquentaient son établissement, mais elle n'appréciait guère les remarques de ce genre, venant d'un homme qui passait son temps à boire. L'alcool la débectait, elle n'aimait pas du tout le goût, et encore moins les effets. La plupart des gens laissaient tomber leurs limites après seulement trois pauvres godets, faisaient, ou disaient des choses complètement insensés. Agissaient bêtement, se tournaient en ridicule. C'était tellement affligeant.
Mais elle ne dirait rien à ce sujet, à quoi bon.

« L'alcool ne défait les muscles que pour mieux les contracter par la suite. Ce serait gâcher du citron que de le mettre dans de l'alcool. »

Elle termina son bol, et partit s'en resservir. Malgré la force de son mal, l'eau chaude lui faisait beaucoup de bien. Et le citron semblait brûler un peu les microbes qu'elle couvait en elle. Soudain, la chose lui parut évidente. Elle était tombée malade. Voilà pourquoi elle se sentait aussi mal depuis quelques jours. Elle avait sûrement dû attraper une fièvre, ou quelque chose de cet ordre là. La boisson ne lui ferait que d'avantage de bien. Valériane retourna s'asseoir face à Sceptan et ajouta.

« Si le sommeil est aussi bienfaiteur que cela, pourquoi n'êtes-vous pas couché et endormi ? »

Malgré le fait qu'il boive beaucoup trop, de l'avis de Valériane, Sceptan lui paraissait un homme intéressant dans le fond. Elle se demandait d'où il venait pour porter ce genre de vêtements. Les mêmes chaque jours, et bien qu'ils fussent sales et abîmés, ils étaient de ces vêtements que portent les bourgeois. Elle savait qu'il avait un cheval, qui se suffisait à lui-même à l'extérieur. Il faudrait peut-être qu'elle vérifie qu'il allait bien... La jeune femme aimait beaucoup les chevaux, elle avait eu l'occasion d'en voir et d'en approcher beaucoup, s'occupant parfois des montures de ses clients.
Sortant de ses pensées, toujours le nez dans son écuelle, elle constata que Sceptan la fixait. Sans rien de bien concret dans les yeux, mais ces derniers étaient rivés sur elle. C'était presque intimidant. Sentir ces deux petites perles jaunes sur elle. Prenant le risque de paraître provocatrice, elle soutint son regard. Et elle eut comme une vision soudaine. Trop soudaine. Atroce.

Le visage avait changé. Il paraissait plus vieux. Le jaune des yeux étaient moins vifs, plus mielleux.
Père. Père était là. Juste devant elle, tenant entre ses grandes mains fines, non pas une écuelle, mais un pinceau. Et il souriait. Il lui souriait, de son regard calme, serein, doux.. Protecteur, sans l'être.
Il était là. Pendant quelques secondes, trop courtes, il fut là. Tout près.

Mais la réalité refit surface. Valériane sentit deux larmes perlaient à ses yeux, et pencha l'écuelle sur son visage pour les dissimuler, en profitant pour boire encore quelques gorgées. Jamais elle ne s'était rendue compte de cette ressemblance. Mais après réflexion, elle était flagrante. Seuls quelques petits détails changeaient. Mais ils se ressemblaient. Un mélange de sensation commença à tourner dans le ventre de la jeune femme. Attirance, et répulsion. Elle aurait aimé contempler le visage de son père; pendant quelques années elle avait essayé de le dessiner sans jamais réussir à faire son visage. Mais là, il y avait un homme bien réel juste en face, qui pouvait lui rappeler ce rêve. D'un autre côté, c'était une torture monstrueuse que d'avoir l'impression de le voir, alors qu'il n'était pas là. Mais pourquoi n'était-il plus là... Pourquoi avait-il disparu.. Comment....
Valériane serra les dents sur le bois, pour refouler toute cette tristesse qui grandissait dans sa gorge. Tentant de récupérer une attitude normale, et calme, elle reposa son bol et releva légèrement la tête.

« Pourquoi êtes-vous descendu ? »

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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Ven 3 Mai - 13:31

Sceptan Gog
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« L’alcool ne défait les muscles que pour mieux les contracter par la suite. Ce serait gâcher du citron que de le mettre dans de l’alcool. »

Elle le fait exprès ou quoi ?
J’essaye de prouver qu’elle ne donne que des avis entre-deux, et juste à ce moment là, elle fait le contraire. Peut-être qu’elle est capable de lire dans mes pensées ? Ça m’étonnerait. Aucun aubergiste sensé n’accepte d’héberger un meurtrier, par simple souci de calme pour l’établissement.

Mon regard se porte sur le feu. Ses crépitements, sa lumière, sa chaleur. C’est curieux, que quelque chose d’aussi dangereux ait une apparence si rassurante. Un peu comme tous les manipulateurs. Un peu comme mon bon vieux Vek.
Il était fort Vek, tout de même, on ne peut pas lui enlever ça. Je me demande si je pourrais atteindre son niveau, en essayant de me servir des gens. Ça pourrait être amusant. De toute façon je n’ai rien à perdre, alors, pourquoi est-ce que je ne le fais pas ?

J’en sais rien.

Pourtant ça pourrait être un bon moyen pour passer le temps, pour rigoler un bon coup, de voir les autres croire à tout et n’importe quoi. Mais je n’arrive pas à le faire. Je n’ai jamais réussit à manipuler ouvertement, à mentir à un inconnu, la conscience tranquille. Quelque chose m’en empêche. Ça vient de quelque part, en moi, des tréfonds du puits tortueux de mes songes.
Ce qui est sûr c’est que ça n’est pas, contrairement à beaucoup de gens, la peur qui m’en empêche. Je sais que le menteur gagne, peu importe les circonstances, peu importe la société, peu importe le lieu et le temps, le menteur gagne toujours.

J’ai l’impression que mes idées se perdent, je crois que je ne pense plus à rien. Mon regard est flou, mon esprit, brumeux. Valériane a parlé, j’ai entendu ses mots, mais je ne les ai pas interprétés. Avaient-ils un sens ? Sans doute.
Je la fixe, sans la fixer. Ma vue est ailleurs. Où est-elle en réalité ? Je pense qu’elle essaye de se tourner vers l’endroit où elle regarde, que mon esprit tente de saisir mon esprit.
Quelle ironie.
J’ai la sensation d’être capable de comprendre ce qui m’entoure, l’univers tout entier qui me surplombe, mais pas le petit être que je suis, moi-même.

« Pourquoi êtes-vous descendu ? »

Cette voix me sort de mes pensées. Mes dents crissent. Je déglutis, une colère monte en moi. Je n’aime pas que l’on m’interrompe, c’est très frustrant. Très, très frustrant.
Un sourire monte sur mes lèvres.

« J’ai rêvé cette nuit. »

Je soulève l’écuelle, et la penche excessivement, pour saisir la dernière goutte du liquide, puis la repose, avec une délectation palpable.

« Dans mon rêve, je vous massacrais. Votre petit corps était tellement disloqué qu’on avait du mal à vous reconnaître. »

Les mots sortent tous seuls de ma bouche. Ma pensée ne pense plus. J’approche davantage mon visage du sien, tout en soufflant :

« J’ai adoré ça. Vous buter, vous et votre petite gueule de merde. »

Mon sourire la nargue.
Je ne sais pas trop pourquoi j’ai dis ça. Sans raison, sûrement. Pourquoi faudrait il une raison à chacun de nos actes ? C’est ce que je me demande, alors que mon regard se perd à nouveau dans l’ombre.
Je baisse légèrement la tête, gardant mes yeux sur elle, en arrêtant de sourire.

La vue cherche la vue.

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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Ven 3 Mai - 14:55

Valériane Hadenfaul
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« J’ai rêvé cette nuit. »

Certitude confirmée, Valériane esquissa un infime sourire sur ses lèvres pâles. Sceptan lui, esquissait quelques mouvements. Et tandis que son corps s'avançait vers le visage de la jeune femme, il ajouta.

« Dans mon rêve, je vous massacrais. Votre petit corps était tellement disloqué qu’on avait du mal à vous reconnaître. »

Elle sentit son souffle sur son visage. Elle lisait tellement de choses dans ses yeux.. Valériane ne le craignait pas, elle n'avait pas peur de lui. Elle n'avait pas peur d'un rêve. La nuit offrait toujours son lot d'horreurs, et même elle avait dû massacrer nombre de personnes dans ses cauchemars.

« J’ai adoré ça. Vous buter, vous et votre petite gueule de merde. »

Son regard pesait sur elle. Ces yeux si vifs, et pourtant empli de choses ternes. Au fond, Sceptan devait être terne. Elle n'avait jamais cru à la sincérité de ses sourires, de ses éclats de sourire. Ils semblait toujours forcés. La jeune femme essayait de comprendre son attitude, la haine qui s'écoulait ses lèvres. C'était difficile. Chaque être était complexe. Lui, l'était encore d'avantage.

Sans vraiment savoir pourquoi elle agissait ainsi, elle effleura la lèvre inférieure de Sceptan de l'index, doucement, et soutint à nouveau son regard. L'espace de quelques secondes, elle ne dit rien. Se contentant de sonder ces deux iris, sans réussir à en tirer quoi que ce soit.

« Pourtant, je suis toujours là, vous voyez... »

Gardant l'index sur sa peau tiède, elle réfléchit quelques instants. Se souvenant du nom qu'il donnait. Sceptan Gog. Alors, elle se demanda comment elle n'y avait pas pensé plus tôt. Ce n'était pas grand chose mais... Gog. C'était le nom que Mère avait donné à l'un des suivants du Seigneur. Il était l'Avarice. Dans tous les sens du terme, cela pouvait toucher à l'argent, aux biens, mais aussi aux secrets, aux passions. Ces secrets que l'on garde, que l'on accumule, sans jamais vouloir en révéler un seul, en confier un seul. Cet aspect là de l'avarice pouvait convenir à Sceptan. Elle eut envie de lui en parler mais, sa gorge se noua. C'était les histoires de Mère, elle ne devait pas en parler. Mais.. Étrangement, elle en avait envie. Pour la première fois, elle souhaitait en parler.

« Dans une croyance.. très ancienne et peu répandue... Gog était l'Avarice. »

Elle déglutit difficilement, et continua.

« Il avait un frère, qui lui, était la Paresse. »

Ses yeux se relevèrent à nouveau vers ceux de Sceptan. Il ne bougeait pas, gardant ses prunelles rivées sur Valériane. Déstabilisant. Mais elle tenta de ne pas y penser. Se rappelant des histoires de Gog et Magog... Mère avait prononcé une phrase un jour, mais la jeune femme n'avait pas comprit. La phrase n'allait pas aux « pêchés » que formaient les deux frères. « Gog et Magog infligeront nos guerres, plus nombreux que le sable des mers. » Mère avait dit cela en chantant. Sa voix était abîmée mais elle parvenait à chanter. La suite de la chanson lui revint soudainement.

« Mille ans accomplis, jours et nuits aux quatre coins de terres, Gog et Magog infligeront nos guerres, plus nombreux que le sable des mers. Les oiseaux rassasiés de nos chairs, marqués du nom, marqué au front. Ivres du sang des saints, ses seins seront pleins, prêts à nourrir le sien.* » (*Harmaguedon, Eths).

Les mots étaient partis tout seuls, et Valériane avait même retrouvé l'air de la chanson. Elle eut un rire léger et baissa la tête.

« Si ma présence vous débecte, pourquoi vous ne me tuez pas dans cette réalité là ? »

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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Mar 28 Mai - 18:45

Sceptan Gog
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« Si ma présence vous débecte, pourquoi vous ne me tuez pas dans cette réalité là ? »

La question est venue bien vite, comme toutes les questions gênantes, elles viennent toujours trop vite, même lorsqu’on les voit venir.

En fait, je n’ai pas du tout envie de la tuer. Il me semble.

Ça serait trop risqué pour pas grand chose, et puis, de toute façon je n’ai aucune raison pour le faire. Même si je crois qu’elle m’a énervé tout à l’heure. J’ai du réagir à une montée de colère momentanée, venue d’un des tréfonds obscurs de la caverne qui constitue mon esprit , qui n’était pas vraiment justifiée.

Maintenant que j’ai encaissé la question je dois vite trouver une réponse, par automatisme, je suis mon instinct.

« Moi ? Je ne tuerai jamais personne voyons, j’ai des principes. »

Un sourire monte sur mes lèvres pendant que je regarde le fond du récipient. Vide. Mes yeux doivent l’être tout autant.

L’on est parfois ce que l’on voit. Miroirs.
Je fus mon frère, je fus Vek, je fus mon père et ma mère, je fus mes professeurs. Qui suis-je maintenant ? Un ivrogne, faible et stupide ? Oui, ça me semble être un bon résumé. Trois mots suffisent, je pense, pour décrire la surface d’une personne, alors qu’une infinité ne pourraient en énoncer la profondeur.

En fait, le seul, le premier qui me vient pour me décrire, de l’intérieur, c’est Gog. Ce mot si chaud et si froid. Mais il est insuffisant.

Valériane a parlé d’une religion qui représenterait l’Avarice par un entité nommée Gog. Je me demande si Vek le savait, lorsqu’il m’a donné ce surnom. Ça m’étonnerait. Il savait énormément de choses, certes, mais il n’aurait pas manqué de mentionner la provenance de ce surnom, subtilement, car il adorait se sentir supérieur à travers ses connaissances.

Ni moi, ni Vek, ne connaissons donc cette curieuse religion. Cela me rend honteux, tout en me rendant curieux. D’où vient donc Valériane, si ce culte est celui de son lieu de naissance ? Et si ça ne l’était pas, où a-t-elle étudié ? Comment sait-elle ces choses que l’on ne nous a pas enseigné, au point d’en connaître les chants ?
Moi qui, par orgueil, l’avais pris pour une ignorante comme les autres, je suis déstabilisé et intrigué.

Si elle est lettrée et cultivée, que fait-elle dans ce trou ? Une aubergiste littéraire ? Ça me semble aussi ridicule que captivant.

Ma foi, je suis presque un clochard, et je suis lettré et cultivé, comme quoi on trouve de tout. Mais j’ai besoin d’en savoir plus.

Comment aurait fait Vek dans ma situation ? Avec la honte de ne pas savoir de quoi on lui parle ? Faire le coup de « Oui je connais cette croyance. » en mentant, puis essayer d’aborder un sujet typique, abordé par toutes les religions du monde ? Non, trop risqué, ça c’est pour les mauvais menteurs. Ou alors : « Je crois en avoir déjà entendu parler, mais vous pouvez me rafraîchir la mémoire ? » suivit du célèbre « Ah oui c’est vrai ! ». Non, trop classique, Vek aimait innover. Il était orgueilleux, et méprisant. Un besoin de prendre le dessus, il se serait moqué gentiment. Un rire, suivit du tranchant : « Je m’intéresse peu aux religions, voyez-vous, je suis athée. Mais vous pouvez m’en parler davantage si vous le souhaitez, mon oreille reste toujours attentive à vos mots. »
Oui, il aurait dit quelque chose qui s’en approche, certainement encore plus subtil et méprisant que ça.

Mais bon, je ne suis pas Vek.

« De quelle religion parliez-vous, tout à l’heure ? Je crois que je n’en ai jamais entendu parler. »

C’est bien, Gog. Il faut arrêter les mensonges maintenant que Vek est mort. Avoir un comportement fier, sans masques. Tu n’es pas Vek. Sois franc, sois toi-même.

Il me semble que je souris tout seul, en la regardant dans les yeux.
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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Dim 14 Juil - 2:15

Valériane Hadenfaul
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Un instant, une seconde, et tout peut mourir. Mourir, finir une vie, en l'espace d'un clignement d'yeux. Valériane n'était pas morte, mais en simplement quelques secondes, quelque chose dans son corps s'était mit à agoniser. Ses oreilles avaient entendu la voix de Sceptan sans parvenir à l'écouter. Elle le regardait mais son visage se ternissait. Elle avait mal, tellement mal, dans la peau, dans les muscles et surtout les os. Tout son squelette crissait, grinçait, elle hurlait continuellement en silence, à chaque fois qu'elle faisait le moindre mouvement. Comment avait-elle pu ignorer cela pendant autant de temps ? Elle était malade. Malade à mourir. Un poison s'était glissé dans ses veines et faisait mourir ses os. Tellement mal. Pourtant, elle tentait de s'accrocher au conscient.

« De quelle religion parliez-vous, tout à l’heure ? Je crois que je n’en ai jamais entendu parler. »

Religion. Gog, Magog. Les suivants du Seigneur. Des images se bousculèrent dans sa tête, à une vitesse effrayante. La fièvre montait doucement dans son corps frêle. Elle courrait après une ombre, qui courrait devant elle. Noire. Mais elle voulait l'atteindre. Sauf qu'elle mourrait. Pas elle, l'ombre. Et lorsque Valériane se pencha sur son corps, elle vit son Père, Père, le Seigneur, Sceptan, elle les voyait, et soudain le visage reprenait vie, hurlait des mots inconnus dans une voix grave venant des tréfonds du monde. Ses mains froides l'étranglait, et elle essayait de crier mais rien ne venait.

Hors du temps, dans l'auberge, la jeune femme blonde était tombée de sa chaise en hurlant.

Mais elle n'avait plus conscience de la réalité. La fièvre la dévorait et lui faisait visiter tous les plus terribles recoins de son esprit. Ses peurs, ses rêves, et derrière ses paupières, coulait ce sang, infiniment. Coulait le sang, comme fuyait le temps. Tout se mélangeait. Quand elle ouvrait les yeux, elle voyait un fantôme fondre sur elle, qui avait pour visage, un Père et un Sceptan déformés, qui tentait de l'avaler, de la déchirer, la détruire, la réduire en miettes. Ses jambes n'allaient pas assez vite, elle avait peur, et elle avait mal. Ses os hurlaient, les cris lui parvenait.

La maladie avait prit le dessus, fièvre et larme revenues.

Parfois une voix tendre lui parvenait. Lointaine, éphémère. « J'aurai toujours une pensée pour toi. », oh elle aimait ces mots, elle connaissait la suite, et elle voulait l'entendre. Et la voix revenait, résonnait dans sa tête malade, douce et sans menace. « J'aurai toujours une pensée pour toi, même si j'oublie tout le reste. » Envolée, perdue, brisée, elle s'effondra, et chuta dans le noir. Tout avait disparu, même le fantôme au visage de monstre.

Inconscience. Des mots avaient réussi à sortir des lèvres malades de Valériane pendant sa crise de fièvre. Elle avait hurlé, perdue dans cet inconscient qui l'avait dévoré.

« NON ! REPARS ! »

« Je me saigne aux quatre veines... Pitié.. »

« Père n'est pas Gog... »

Post scriptum:
 

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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Lun 22 Juil - 18:56

Sceptan Gog
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Je suis fier de la façon dont j'ai posé la question, sans mentir, je suis sûr que la plupart des gens sont trop orgueilleux pour montrer lorsqu'ils ne savent pas.

Une expression bizarre gagne cependant le visage de Valériane. Impossible de le nier, elle semble troublée, voire effrayée. Pourtant elle n'a pas de raison de l'être, j'ai du mal à comprendre. Je regarde derrière moi, il n'y a rien, nulle part, juste nous deux.

Un hurlement, mon visage revient soudainement vers elle. Valériane est au sol, tombée de sa chaise.

« NON ! REPARS ! »

Crie-t-elle de toutes ses forces. Mon esprit se bloque, il doit y avoir un sens à tout cela mais je ne le trouve pas. Je dois réagir, mais je ne sais pas quoi faire.

« Quoi.. ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Ça va ? Tu.. Vous voulez que je partes ? »

Ma réaction est complètement nulle, voire ridicule, j’en prends conscience tout en parlant, et pendant que je ne me rend compte qu’elle n’entend même pas ce que je dis. Elle est ailleurs, son regard, perdu, voilé. Je remarque alors que son teint est vraiment trop pâle, encore pire que d’habitude. Il faut faire quelque chose. Je me lève avec hésitation, me tenant encore à distance.

« Je me saigne aux quatre veines... Pitié.. »

Phrase insensée. Cette fois c’est sûr, elle délire. Je m’approche d’elle à grands pas, puis je m’agenouille à ses côtés, posant ma paume sur son front. Il brûle et mouille.

« Calme-toi, il ne peut rien t’arriver ici. »

Un bras sous son dos, je la tiens contre moi, essayant de la fixer dans les yeux, afin que les siens s’accrochent quelque part. Hélas ça ne marche pas. La réalité est que je ne sais vraiment pas quoi faire. Je n’ai pas suivit énormément de cours de médecine, cela ne m’intéressait pas beaucoup. Des notions, j’ai quelques notions, mais sans plus.
J’essaye maladroitement de la bercer, ou quelque chose qui s’en rapproche. Du regard, je cherche quelque chose de froid que je pourrais appliquer sur son visage pour la rafraîchir.
Ma réflexion se perd. Une carafe d’eau là bas. Mes mains posent Valériane sur le sol, alors que je me presse d’aller la chercher. Je prends le récipient d’une main, et un torchon de l’autre. Elle a dit quelque chose, je ne l’ai pas entendu, je crois qu’elle a dit « Gog », mais je suis trop loin pour en juger.

Un temps passe, mes pupilles restent sur la jeune femme, sans que je ne bouge. Je ne l’ai pas tutoyée tout à l’heure ? Je crois avoir dit « calme toi », quelque chose comme ça. Normalement nous nous vouvoyons, pourquoi ai-je tutoyé Valériane ? Non, je ne peux pas l’avoir tutoyée. Je suis presque sûr d’avoir prononcé « il ne peut rien vous arriver », une chose de ce type là.

Je reviens près d’elle, versant de l’eau sur le torchon. Les yeux de Valériane sont fermés maintenant, elle semble être inconsciente. J’applique le tissu humide sur son front, avec toute la douceur dont je dispose.

En même temps, je suis presque sûr d’avoir dit « calme-toi ». Si j’ai fait un mélange des deux, c’est vraiment ridicule, mais ça me semble être correct. Quelque chose du type : « Calme-toi, il ne peut rien vous arriver. » C’est vraiment n’importe quoi.

« Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Qu’est-ce que tu fous toi ? Lâche-la tout de suite ! »

Un homme s’approche avec une bougie, l’air menaçant. C’est un client de l’auberge, il a dû être réveillé et alerté par les cris de la jeune femme. Dans sa main droite, il tient un tabouret, arme de fortune prise par mesure de précaution. Je dois bien dire, que de voir un homme comme ça, très sérieux, en chemise de nuit, cul nul, un bonnet blanc sur le visage, une bougie dans une main et un tabouret dans l’autre, a quelque chose de terrifiant.
Mais je n’ai pas que ça à faire, il faut soigner Valériane.

« Je t’ai rien demandé mon gars, retourne te coucher. »

Cela ne fonctionne pas, l’homme s’avance davantage, en hurlant :

« ECARTE-TOI D’ELLE ! »

Je lève les yeux au ciel, je n’ai vraiment pas de temps à perdre. Il faut faire partir cet imbécile fini avant qu’il ne me perturbe de manière irréversible dans mon raisonnement : trouver comment aider Valériane.

« Mais calme-toi putain, débile, tu crois que j’essaye de la violer ? »

« ARRÊTE DE DISCUTER, TU DÉGAGES ! »

Ce type est vraiment la personne la plus conne du royaume, je pense. Difficile de rivaliser avec, à moins d’être un animal à la limite, ou une plante. Ma voix prend le timbre de l’énervement.

« Mais non, bordel, elle a besoin de... »

« TA GUEULE ! »

Et son tabouret part vers moi, mes yeux tombent sur Valériane. L’arme de fortune de l’imbécile manque de lui frapper le visage, alors qu’elle me broie l’épaule. La douleur me lance, je hurle, et m’énerve pour de bon. Je me lève, les doigts tremblants, et lui envoie mon poing en pleine figure. Le débile grogne, puis riposte avec un large coup, qui m’arrive dans les côtes. Je me plie en deux, la respiration coupée. Il me fait tomber en arrière avec un coup de pied, je m’effondre.
L’homme stupide se précipite vers Valériane, la saisit, la secoue légèrement, et lui demande :

«  Madame, madame, vous allez bien ? »

Ma respiration, saccadée, revient peu à peu. Alors, faiblement, je lui affirme :

« Elle est malade, triple buse. Regarde son teint et tâte son front, ça se voit tout de suite. »

Il semble perdu, et obéit à ce que je lui ai conseillé de faire. Une main sur le ventre, je tente lentement de me relever, tout en soufflant :

« Comment t’as fait pour atteindre ton niveau de connerie ? T’as subit des entraînements intensifs avec tous les gens les plus compétents dans le domaine ? En tout cas bravo pour ta performance, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi crétin de toute ma vie, très impressionnant, vraiment. »

Il soupire, puis me répond, d’un air blasé :

« Tu aurais pu me le dire tout de suite. »

« De quoi, que tu étais con ? »

« Qu’elle était malade, connard. »

« C’est évident, gros débile, faut vraiment être con comme toi pour pas le voir. »

Il soupire encore une fois, puis secoue la tête, comme pour se calmer, alors que je m’approche de lui et de Valériane.

« Tu m’aides ? Il faudrait la transporter dans son lit. »

« D’accord. »
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MessageSujet: Re: A la naissance de l'aube [Pv Valériane]   Ven 26 Juil - 0:16

Valériane Hadenfaul
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Une voix. Seule. Sans rien d'autre. Juste une voix, dans le noir. Accompagné de cette petite musique, répétée. Tristesse, mélancolie et tendresse. Alors, par dessus cette musique de malheur, la voix s'élève. Masculine et douce. « Va..lé..ria..ne.. Mon corps est parti, contemple cette absence chaque jour, dans ce miroir qui me reflète à travers tes propres yeux. Mon esprit s'est meurtri, car désormais ta lueur n'éclaire plus ma route. Je n'ai pas choisi. J'ai été pris. Et j'ai voulu revenir, je te le promets, j'ai tourné les yeux derrière moi, mais je ne voyais rien. Ni derrière, ni devant. Et ton absence m'a percé, blessé, brisé. J'ai senti tes pleurs, de si loin, j'ai entendu ta voix m'appeler, dans tes nuits les plus difficiles. Je voulais répondre, je te le promets. Mais ma gorge était trouée, pieux de bois trônant dans la chair. Respirer m'est difficile. Le pieux obstrue ma trachée, ma chérie... Je sens le liquide chaud couler le long de ma gorge blessée. J'entendais tes cris et je ne pouvais pas répondre. Alors tout mon moi se meurtrissait, encore et encore. J'aurai aimé être là.. Va..lé.. … »

Réveil. Dur, difficile. Soudain, la conscience retourna à l'intérieur du crâne, d'une violence à fendre les murs de pierre, d'un simple petit souffle. Valériane se redressa brutalement sur son lit, encore une fois. La fièvre était retombée, ses os lui faisaient moins mal. Elle avait cependant des difficultés à se remémorer les évènements. Il y avait Sceptan et puis.. Le noir.. Elle était tombée, elle s'était cognée, à l'arrière de sa tête elle sentait la peau enflammée. Une bougie flambait sur la petite table près de la porte, et tandis qu'elle s'apprêtait à descendre du lit, elle vit Sceptan, sur le fauteuil de sa chambre, avachi, endormi. Son visage était éteint dans des traits sévères. Il dormait, mais ne se reposait pas. C'était lui qui l'avait porté jusqu'ici ? Quand elle essaya de reconstituer la soirée, son crâne menaça d'exploser. Même le rêve dont elle venait de sortir lui avait échappé.

Laissant le jeune homme dormir, elle eut envie de dessiner. Elle prit un de ses parchemins préalablement coupés pour faire les cartes, et le plongea dans l'huile brune qui donnait la teinture marron clair au papier. Pendant que le parchemin séchait, elle se prépara du thé chaud, et revint à sa chambre, prit quelques pinceaux et des couleurs. Elle entreprit de dessiner le duo de frères, Gog et Magog, car elle se souvenait l'avoir évoqué. C'était peut-être juste après ça qu'elle était tombée. Ainsi elle mouva ses doigts doucement, et peint les deux frères. Ils étaient face à face, les bras en l'air, et tenaient chacun quelque chose. Deux pièces; Elles semblaient pouvoir s'emboîter, mais bien qu'ils les tirent proches l'une de l'autre, on pouvait apercevoir le soleil perçait à travers la dernière petite fente. Les pièces n'avaient pas de formes distinctes, Valériane joua sur les couleurs du soleil pour noyer les formes. Il fallait interpréter. Ils tenaient chacun leur vice. Gog, tenait l'Avarice, et son visage arborait un air protecteur, et gêné de devoir brandir son trésor ainsi. Magog tenait sa Paresse, l'air las, détaché, loin de la réalité. Comme si rien ne l'atteignait. Il n'avait même pas le courage de respirer.

Après quelques temps, la carte fut prête, et elle la laissa sécher. Elle marcha pieds nus, allant et venant de sa chambre jusqu'à la cheminée, buvant son thé brûlant. Et profitant du répit de sa maladie. Ses os lui faisaient encore mal mais beaucoup moins. Ils grinçaient à peine. Une heure, peut-être deux heures passèrent. La carte était sèche. Valériane la saisit et la glissa délicatement entre les doigts fins de Sceptan. Elle avait inscrit à l'encre classique au dos, un S calligraphié. Sa voix murmura presque sans qu'elle ne s'en rende compte, un léger :

« Merci... »

Puis elle s'assit sur son lit, ramenant ses jambes contre sa poitrine, le dos contre le mur. Fermant les yeux, elle attendit que Sceptan se réveille. Elle avait envie de lui parler, de voir à nouveau ses yeux. Et le visage de son père traversa son esprit, tandis qu'elle se souvenait de son rêve.

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A la naissance de l'aube [Pv Valériane]

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